Porto Rico, États-Unis et les tâches internationalistes dans la situation mondiale
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Porto Rico, États-Unis et les tâches internationalistes dans la situation mondiale

Entretien avec Manuel Rodríguez Banchs, dirigeant de l’organisation portoricaine Democracia Socialista (section de la IVème Internationale dans le pays), en exclusivité pour la Revista Movimento

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Israel Dutra : Bonjour Manuel ! Merci beaucoup d’avoir accepté cette interview. Nous revenons de la réunion du Bureau de la IVe Internationale, la première en présentiel depuis le Congrès mondial qui s’est tenu en février dernier, et j’aimerais connaître votre opinion sur le contexte général dans lequel s’est déroulée la réunion et ses conclusions politiques, en particulier en ce qui concerne les États-Unis.

Manuel Rodríguez Banchs : La réunion a été un espace d’analyse, de débats et de coordination. Les six premiers mois de la présidence de Donald Trump ont été le cadre dans lequel s’est inscritle débat sur la situation mondiale. Comme nous l’avions prévu, la présidence de Trump aux États-Unis présente de nouveaux défis et a inauguré une nouvelle phase plus turbulente, dangereuse et imprévisible dans la situation mondiale. Depuis son investiture, Trump a annoncé l’offensive de son gouvernement contre les communautés LGBTTQi+, en particulier contre la communauté trans, contre les travailleurs et travailleuses, en particulier les personnes employées par le gouvernement fédéral, contre l’environnement et en faveur de la destruction par l’exploitation des combustibles fossiles, une offensive terrible contre les communautés migrantes, contre les droits et les libertés démocratiques.

C’est exactement ce que nous avons vu. L’offensive de Trump aux États-Unis a été dirigée contre les communautés migrantes et contre la classe ouvrière. Sur le plan international, Trump entend contrer le déclin relatif de l’hégémonie américaine connu au cours des dernières décennies. Son projet suprémaciste, expansionniste, recolonisateur, prédateur et annexionniste à l’échelle mondiale tente de réorganiser le monde au profit de l’impérialisme américain. Son projet comprend l’utilisation politique des droits de douane dans le contexte de la crise économique actuelle, les attaques au Moyen-Orient, l’offensive pour le contrôle du canal de Panama et son intention de parvenir à un accord avec Poutine pour mettre fin à la guerre contre l’Ukraine au prix de concessions importantes et sans sa participation. Mais son projet a également mis en évidence les contradictions entre les secteurs de la bourgeoisie de ce pays et le gouvernement Trump.

Un projet de cette nature va susciter – et a déjà suscité – d’importantes résistances. Ces résistances comprennent les mobilisations du « No Kings Day », les mobilisations contre la persécution des migrants et le mouvement de solidarité avec la Palestine.

ID : Et comment Porto Rico s’inscrit dans ce contexte ? Comment l’extrême droite au pouvoir aux États-Unis affecte la dynamique sociale de la colonie ?

MRB : Je pense qu’il est important de donner un peu de contexte aux lecteurs. Porto Rico est une colonie des États-Unis depuis 1898, définie comme un territoire non incorporé, une possession, mais ne faisant pas partie des États-Unis, sous les pleins pouvoirs du Congrès. Bien qu’au fil du temps, le Congrès ait réorganisé le gouvernement territorial, jusqu’à la création de l’actuel État libre associé en 1952, la nature coloniale de la relation est restée inchangée.

Les habitants de Porto Rico élisent leur gouverneur et leur législature, qui ne s’occupent que des affaires de l’île. Nous restons soumis à la législation et aux décisions exécutives fédérales, auxquelles nous ne participons pas. Les habitants de Porto Rico élisent leur gouverneur et leur législature, qui ne s’occupent que des affaires de l’île. Nous restons soumis à la législation et aux décisions exécutives fédérales, auxquelles nous ne participons pas et dans lesquelles nous ne sommes pas représentés.

Le colonialisme a une dimension non seulement politique, mais aussi économique. Après 1898, l’économie de Porto Rico est passée sous le contrôle des entreprises américaines. Porto Rico s’est spécialisé dans la production d’une poignée de produits destinés au marché américain. Cela a eu pour conséquence une fuite constante d’une partie importante des revenus générés à Porto Rico. Actuellement, environ 35 milliards de dollars quittent l’île chaque année. Cela équivaut à environ trente pour cent du produit intérieur brut de Porto Rico. Ce capital n’est pas réinvesti et ne crée pas d’emplois à Porto Rico. Par conséquent, son économie unilatérale, contrôlée de l’extérieur et principalement orientée vers l’exportation, n’a jamais été en mesure de générer suffisamment d’emplois pour sa main-d’œuvre. Le caractère de l’économie portoricaine est dépendant et colonial.

Actuellement, Porto Rico a un taux de participation au marché du travail de 45 %. En d’autres termes, plus de la moitié de la population en âge de travailler est hors du marché du travail. Cette situation aggrave les inégalités et augmente les niveaux de pauvreté. Cela contribue à expliquer l’écart persistant entre les niveaux de vie par rapport aux États-Unis. Le manque d’emplois a provoqué une émigration considérable vers les États-Unis, où la population portoricaine s’élève déjà à près de six millions de personnes. Compte tenu de ces inégalités et des niveaux de pauvreté, il n’est pas surprenant que de nombreuses personnes à Porto Rico participent à des programmes d’aide sociale (welfare) financés par des fonds fédéraux. En d’autres termes, les fonds publics sont utilisés pour atténuer en partie les conséquences d’une économie coloniale dysfonctionnelle. C’est pourquoi l’ampleur de l’offensive de Trump, dont l’impact sur Porto Rico pourrait être désastreux, concerne les licenciements de fonctionnaires fédéraux, en particulier ceux qui travaillent dans des agences fournissant des services directs, et les coupes budgétaires dans les programmes d’aide sociale, dont dépend un nombre important de personnes à Porto Rico.

Les changements dans les politiques migratoires se font sentir dans le pays. Porto Rico compte une communauté migrante dynamique composée de personnes originaires de différents pays d’Amérique latine et des Caraïbes. La communauté la plus nombreuse est celle qui vient de la République dominicaine. Je ne peux imaginer Porto Rico sans les Dominicains. C’est pourquoi l’offensive de Trump a eu un impact terrible sur Porto Rico. Non seulement à cause des politiques du gouvernement américain, mais aussi parce que la gouverneure de Porto Rico est trumpiste et suit servilement l’offensive et les décisions du gouvernement fédéral. La dimension la plus visible, comme aux États-Unis, est l’offensive anti-immigrés. La priorité a été de poursuivre, d’arrêter et d’emprisonner les migrants afin de les expulser. Cette offensive trumpiste bénéficie de la complicité de la gouverneure Jenniffer González. Plus de 500 migrants ont été arrêtés à Porto Rico depuis le début des rafles du gouvernement fédéral.

Ces opérations affectent les communautés, les commerces, les foyers et les lieux de travail. Beaucoup de ces rafles policières ont été menées juste en face des centres judiciaires, à proximité des bureaux de l’immigration, dans les bureaux gouvernementaux et dans les lieux d’envoi de colis. Les communautés migrantes continuent de vivre dans la terreur à Porto Rico parce que le gouvernement de Jenniffer González a servilement adopté toutes les politiques de Trump, aussi violentes, discriminatoires ou illégales soient-elles. Le gouvernement de González a servilement adopté les politiques xénophobes et racistes de Trump pour persécuter les communautés étrangères à Porto Rico.

ID : Aux États-Unis, un phénomène très intéressant de résistance qui s’est exprimé lors du No Kings Day, du mouvement Hands Off et des grands rassemblements organisés par Bernie Sanders et Alexandria Ocasio-Cortez, d’origine portoricaine. De plus, la victoire de Zohran Mandani aux primaires démocrates de New York a également démontré cette résistance à Trump, notamment en dénonçant le génocide du peuple palestinien. Comment voyez-vous ce processus ?

MRB : La victoire de Zohran Mamdani aux élections internes du Parti démocrate pour la mairie de New York a bouleversé le paysage politique américain. Elle a également suscité beaucoup d’enthousiasme à l’échelle internationale, et ce n’est pas étonnant. Mamdani est un jeune musulman de 33 ans, socialiste et militant du Democratic Socialists of America (DSA), qui a remporté les primaires contre Andrew Cuomo, l’une des figures les plus importantes de l’establishment dans une ville comme New York, symbole du capitalisme.

Le résultat des primaires semble refléter la volonté de surmonter, par le vote, la précarité imposée par la crise qui touche la classe ouvrière de New York dans les éléments les plus fondamentaux à sa survie. Une crise qui est commune à la majorité de la classe ouvrière et des secteurs démunis, tant dans les pays capitalistes avancés que dans les pays du Sud. Une crise qui se manifeste également par des salaires insuffisants, un manque d’accès à un logement décent, à une alimentation nutritive et abordable, à des soins médicaux, à des transports publics efficaces et à une éducation publique gratuite et de qualité. Le programme promu par Mamdani s’articulait autour de ces revendications, dont le potentiel est reconnu par les classes dominantes, comme l’a montré la campagne contre Alexandria Ocasio Cortez dans le cas de New York et contre Bernie Sanders lors des primaires présidentielles du Parti démocrate.

Mamdani a également été confronté à une campagne de plusieurs millions de dollars financée par une classe sociale qui a profité d’une véritable guerre contre la classe ouvrière au cours des cinquante dernières années. Outre la campagne négative menée contre Mamdani, les secteurs dominants ont investi des millions de dollars pour soutenir ses adversaires. Malgré cela, l’enthousiasme et l’énergie qu’il a suscités lui ont permis de remporter la place sur la liste du Parti démocrate pour la mairie de la ville. Mais loin de s’apaiser, l’offensive de l’establishment du Parti démocrate contre lui s’est intensifiée après son élection. La réaction raciste et la rhétorique anticommuniste se combinent avec des accusations d’« islamisme » et d’« antisémitisme » dans une véritable offensive menée à la fois par les dirigeants du Parti démocrate et du Parti républicain, c’est-à-dire une offensive véritablement bipartisane. Il est important de garder à l’esprit que l’enthousiasme qui a permis la victoire de Mamdani ne peut être dissocié de l’énergie accumulée lors des grandes mobilisations contre le génocide en Palestine, contre l’offensive anti-immigrés du gouvernement de Donald Trump et contre la communauté LGBTTQi+.

Le succès de sa campagne ne peut pas non plus être dissocié des effets des crises du système capitaliste sur la classe ouvrière. Il n’est pas non plus étranger aux politiques adoptées par la bourgeoisie américaine pour y faire face pendant la vague de ralentissement de la croissance qui a débuté avec la crise du milieu des années 1970. Bien qu’avec des nuances différentes, tant le Parti républicain que le Parti démocrate ont mis en œuvre des politiques favorisant les classes dominantes dans leur tentative de se redresser face à la tendance à la baisse du taux de profit pendant cette longue période.

Mais pour comprendre ce que signifie le résultat de cette primaire et pour évaluer ses possibilités, ses limites et ses contradictions, il faudra analyser la campagne électorale, le contexte économique, politique et social dans lequel elle s’est déroulée et ce qui peut être construit et consolidé, malgré l’impossibilité d’une stratégie qui tente, une fois de plus, de transformer le Parti démocrate de l’intérieur.

Mamdani a réussi à obtenir un soutien au-delà des bases traditionnelles de la gauche new-yorkaise. Il a remporté la victoire dans certains quartiers populaires qui ont penché à droite et ont favorisé Trump lors des élections de 2024. Je crois que sa victoire démontre la possibilité que le peuple américain vote pour un programme qui promeut des changements radicaux et véritablement transformateurs. Elle démontre également que la formule pour progresser dans ce pays doit inclure des programmes qui élèvent de manière ambitieuse les attentes de l’électorat. Un aspect central de cette formule a été la mobilisation. Il n’aurait pas pu gagner sans l’armée de 50 000 bénévoles et le travail d’organisation du DSA à New York et de nombreuses autres organisations alliées. Ils ont visité un million et demi de foyers pendant la campagne. Il faut également souligner que le cœur de la campagne était la jeunesse. Le fait que des dizaines de milliers de jeunes aient pris conscience qu’ils pouvaient entrer dans l’histoire grâce à l’organisation collective a un potentiel transformateur qu’il ne faut pas sous-estimer.

Enfin, le succès de la campagne a confirmé que les réseaux sociaux sont essentiels pour capter l’attention de larges secteurs de l’électorat, sans pour autant minimiser le message et le charisme de Mamdani. Pour remporter les élections de novembre et mener à bien son programme, l’organisation et la mobilisation seront fondamentales. Les dirigeants de l’establishment démocrate, Donald Trump et certains secteurs de la bourgeoisie feront tout leur possible pour empêcher Mamdani de remporter les élections de novembre. S’il gagne, ils entraveront son action et tenteront de l’empêcher de mettre en œuvre son programme. L’expérience montre que remporter les élections ne suffit pas. Pour faire face à une contre-offensive aussi puissante, il faudra continuer à organiser et à mobiliser la majorité salariée et dépossédée afin de résister et de permettre la mise en œuvre du programme promu par Mamdani.

ID : Vous avez également pris fermement position contre l’invasion russe de l’Ukraine, défendant l’autodétermination ukrainienne et le droit à l’autodéfense face à l’agression de Poutine. Pourriez-vous nous parler un peu de la question ukrainienne ?

MRB : En ce qui concerne l’Ukraine, il ne fait aucun doute qu’il existe un conflit inter impérialiste entre l’OTAN, dirigée par les États-Unis, et l’État capitaliste russe. Dans ce conflit, nous sommes contre les deux impérialismes, nous ne soutenons aucun des deux. Ces impérialismes s’attaquent mutuellement et répondent à leurs agressions respectives ; tous deux affirment répondre aux agressions de l’autre. C’est toujours le cas dans les conflits interimpérialistes. Cela ne change en rien notre position contre les deux impérialismes. L’invasion de l’Ukraine fait partie du programme impérialiste de l’État russe. La résistance militaire de l’Ukraine est une défense légitime de sa souveraineté face à l’invasion décrétée par Poutine. Si, comme certains le disent, Poutine répond à l’OTAN, il le fait en tant que ce qu’il est, un impérialiste rival, et non en tant qu’anti-impérialiste. L’Ukraine a le droit de chercher des armes là où elle peut les trouver pour résister à l’invasion de l’armée russe. Cela n’implique en rien de soutenir le gouvernement de Zelensky.

Au contraire, nous dénonçons toutes ses politiques néolibérales, anti-ouvrières, chauvines, etc. Mais nous les dénonçons, non pas pour soutenir ou justifier l’invasion russe, mais précisément parce qu’elles empêchent une résistance plus efficace à cette invasion. Cette position n’implique pas non plus un soutien ou une confiance envers l’OTAN. Au contraire, tout en reconnaissant le droit de l’Ukraine à recevoir des armes de ces gouvernements, nous dénonçons et mettons en garde contre les intentions prédatrices de ces alliés qui ne méritent aucune confiance de la part de l’Ukraine. Nous prenons ici comme modèle la position de Trotsky, qui reconnaissait la légitimité pour les combattants contre l’impérialisme français en Algérie d’accepter l’aide de l’Italie fasciste : il était légitime de recevoir cette aide, sans pour autant faire confiance à ceux qui la fournissaient. Cette perspective permet d’articuler une position qui peut être défendue de manière conjointe et cohérente par les anticapitalistes internationalistes sur différents fronts, en Russie contre la dictature de Poutine et sa guerre contre l’Ukraine, et en Ukraine en faveur de la résistance à l’invasion russe et contre les politiques réactionnaires du gouvernement Zelensky, tout en comprenant les intentions de l’impérialisme de l’OTAN. Dans les pays de l’OTAN, contre les impositions à l’Ukraine, en faveur d’un soutien matériel, y compris militaire, à l’Ukraine, mais contre l’augmentation des dépenses militaires de l’OTAN sous prétexte de soutenir l’Ukraine.

Depuis février, plusieurs éléments nouveaux ont modifié la situation qui prévalait avant février. Tous découlent des politiques de la nouvelle administration Trump. Bien que certains continuent d’évoluer presque quotidiennement, parmi les changements les plus marquants, je résume les suivants : l’intention de Trump de parvenir à un accord avec Poutine pour mettre fin à la guerre, même au prix de concessions importantes de la part de l’Ukraine, la pression exercée par Trump pour que le gouvernement Zelensky accepte ces conditions, y compris l’humiliation publique de Zelensky à la Maison Blanche, la limitation du soutien militaire des États-Unis à l’Ukraine, la pression exercée sur le gouvernement Zelensky pour qu’il cède des ressources ukrainiennes à l’impérialisme américain avec des traités sur les minéraux et les terres rares, par exemple, et la pression exercée par Trump pour que l’OTAN assume une plus grande partie des dépenses militaires de l’alliance, en augmentant ses dépenses militaires à 5 % du PIB.

Ces nouveaux éléments confirment notre analyse et nos propositions. Le changement de cap de l’impérialisme américain vers une paix rapide avec Poutine au détriment de l’Ukraine et les désaccords avec le gouvernement ukrainien à ce sujet, qui a poursuivi ses actions militaires contre l’envahisseur, démontrent que la guerre de résistance ukrainienne n’est pas une simple guerre par procuration (proxy) de l’OTAN. Le revirement des États-Unis démontre leur agenda impérialiste, prêts à soutenir l’Ukraine quand cela leur convient, à l’abandonner quand cela leur convient davantage et à tenter de la soumettre dans les deux cas.

Tout cela démontre en outre que la résistance ukrainienne est légitime, qu’elle a le droit de rechercher un soutien militaire là où elle le trouve, mais que l’OTAN est un allié prédateur. La situation démontre également la contradiction de la position qui propose une « paix sans annexions » et la fin du soutien militaire à l’Ukraine, car la fin ou la réduction du soutien militaire, comme suggéré et, à certains moments, mis en œuvre par Trump, ne fait que rendre l’Ukraine plus vulnérable face à l’occupation de son territoire par Poutine. Cela confirme également le bien-fondé de notre rejet d’une paix imposée par les États-Unis et la Russie à l’Ukraine et aux dépens de l’Ukraine, ce que Trump aspire à réaliser. Notre position gagne donc en pertinence. Nous rejetons les impositions des États et de l’OTAN à l’Ukraine sous forme de dettes et de traités abusifs, nous rejetons les négociations ou les accords entre les impérialistes aux dépens et sans la participation de l’Ukraine. Il est possible que, contrainte par la force, l’Ukraine soit obligée d’accepter une paix avec des annexions.

Mais les conditions à convenir doivent être décidées par l’Ukraine, et non imposées par les États-Unis en accord avec la Russie. Notre mise en garde contre le caractère impérialiste des États-Unis et de l’OTAN et le caractère brutal et intéressé de leur soutien à l’Ukraine se confirme. En résumé, notre position, cohérente avec la précédente, est de rejeter le réarmement de l’OTAN et de reconnaître la nécessité et la légitimité du soutien à l’Ukraine. Certains faits récents démontrent l’urgence, tout en soutenant la résistance ukrainienne, de lutter contre le campisme qui prédomine dans de larges secteurs de la gauche mondiale, parfois sous forme de sympathie et de défense ouverte de régimes autoritaires comme ceux de la Russie et de la Chine, au nom d’un monde « multipolaire » et de sympathie pour les BRICS en tant que force anti-impérialiste ou multipolaire. Il convient de rappeler que les BRICS sont dirigés par la dictature capitaliste oligarchique de Poutine, le gouvernement autoritaire de restauration capitaliste chinois et le régime capitaliste, raciste et répressif de Modi en Inde. Qui peut penser que ces forces représentent un ordre national ou international plus démocratique et plus égalitaire ?

C’est pourquoi nous soutenons la résistance ukrainienne, y compris son droit à obtenir des armes, tout en rejetant l’OTAN, en nous opposant au réarmement et à l’augmentation des dépenses militaires, et en réaffirmant que nous sommes anti-impérialistes, que nous sommes contre tous les impérialismes.

ID : Enfin, vous faites partie de la commission de la IVe Internationale pour l’organisation de la Conférence internationale antifasciste en 2026. Pouvez-vous nous parler des perspectives de cet événement ?

MRB : Parmi les tâches que nous avons entreprises pour cette période, il y a la préparation de l’intervention de la IVe Internationale et la poursuite de la collaboration avec la Première Conférence internationale antifasciste, qui se tiendra du 26 au 29 mars 2026 à Porto Alegre. Cette rencontre était prévue pour mai dernier. Mais malheureusement, la région du Rio Grande do Sul a été confrontée aux inondations les plus graves de son histoire, qui ont touché des millions de personnes, illustrant une fois de plus les conséquences directes de la crise climatique. À cette occasion, des centaines de personnes représentant des causes et des luttes de 31 pays sur 6 continents avaient confirmé leur participation. La gravité de la situation a empêché la tenue de l’événement à ce moment-là, alors que tous les efforts étaient concentrés sur la reconstruction des zones dévastées par cette tragédie.

Aujourd’hui, la menace de l’extrême droite s’est renforcée avec la présidence de Trump et nous avons déjà vu les conséquences de son gouvernement sur le peuple américain. Le peuple brésilien a été confronté à la tragédie du gouvernement Bolsonaro, dont personne ne peut nier le caractère génocidaire et autoritaire. L’offensive de l’extrême droite affecte les droits de la classe ouvrière dans le monde entier, en particulier dans ce qu’on appelle le « monde occidental ». L’extrême droite gouverne ou est la deuxième force politique qui se présente comme une alternative dans presque toute l’Europe. La montée de l’extrême droite trouve son expression la plus dangereuse aux États-Unis, dont le président mène une offensive contre la classe ouvrière, les secteurs populaires et la jeunesse, détruisant les droits et les acquis historiques, tant sociaux que démocratiques, dans le monde entier. Nous avons également vu s’intensifier le génocide dans la bande de Gaza. Mais cette offensive continue de susciter une résistance importante. Les mobilisations contre l’extrême droite continuent de se multiplier au niveau international.

C’est pourquoi nous avons décidé de nous joindre activement à l’initiative du Parti socialisme et liberté (PSOL), du Parti des travailleurs (PT) et du Parti communiste brésilien (PCdoB) dans l’État de Rio Grande do Sul. Ce n’est pas un hasard si Porto Alegre a été choisie comme siège, dont l’histoire et la tradition de résistance incluent la lutte contre le coup d’État de 1961 et la tenue du Forum social mondial au début de ce siècle. Nous reconnaissons le potentiel de cette rencontre pour devenir un espace de débat, d’organisation et de coordination pour nos luttes contre l’extrême droite, contre le fascisme et contre les classes dont les politiques favorisent la destruction et menacent la survie de l’humanité. Conscients de cette situation, nous avons constitué une commission pour coordonner notre intervention dans cet effort si important.

ID : Merci beaucoup, camarade ! Nous t’adressons nos salutations ainsi qu’à tou-e-s les militant-e-s de Democracia Socialista !


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