L’occupation de la Cargill est un symbole de résistance
La victoire des indigènes mettra un frein à la dévastation de l’environnement et sera un signal fort pour toutes les luttes dans le pays.
La lutte des indigènes de la région du Bas Tapajós est un exemple pour tout le pays.
Depuis le 22 janvier une installation de la Cargill (géante américaine de l’agrobusiness) est occupée par les peuples indigèns du Baixo Tapajós. L’occupation fait partie de la lutte contre la privatisation des fleuves Madeira, Tocantins et Tapajós, inclus dans le Programme national de privatisation (PND) via le décret n° 12.600/2025. Il y a 7 jours, les peuples autochtones du Bas Tapajós – on estime à 7 000 le nombre d’autochtones issus de 14 ethnies différentes – ont également occupé la seule voie d’accès à l’aéroport international de Santarém. Malgré le recul du gouvernement, qui a suspendu le dragage du fleuve Tapajós, l’esprit combatif du mouvement indigène de l’ouest du Pará reste vivant et exige l’abrogation du décret n° 12.600.
Une lutte qui continue
Les indigènes de l’État du Pará sont à l’avant-garde de la lutte politique dans le pays. Au début de l’année 2025, ils ont mené une lutte importante, aux côtés du syndicat de l’éducation, avec une occupation radicale du Secretariat de l’Éducation du Pará, brisant ainsi la politique de Helder Barbalho, qui attaquait les droits fondamentaux de l’éducation indigène.
Ce sont ces mêmes indigènes – tant ceux du Bas Tapajós que ceux d’autres peuples – qui ont pris le devant de la scène lors de la COP-30, dénonçant le caractère exclusif et grotesque de cet espace, dans une action indépendante audacieuse d’occupation de la Blue Zone. Nous avons fait partie de cette unité d’action exemplaire qui, en plus d’avoir internationalisé la dénonciation fondamentale de la COP-30, a également mis à l’ordre du jour la lutte contre la privatisation des fleuves, en cours depuis le 28 août 2025 après la publication officielle du décret gouvernemental.
À ce moment-là, déjà en tant que ministre en chef du secrétaire général du gouvernement Lula, Guilherme Boulos a annoncé à la clôture du Sommet des peuples qu’il y aurait une consultation libre, préalable et éclairée de tous les peuples de la région avant toute mesure concernant les fleuves en question, conformément à la Convention 169 de l’OIT. Cela ne s’est pas encore produit, et le décret n’a pas non plus été abrogé. Au contraire, jusqu’à l’action radicalisée du mouvement indigène, le gouvernement avait l’intention de poursuivre le dragage du fleuve Tapajós, indispensable pour en faire un couloir navigable pour les grands navires de l’agro-industrie – comme ceux de la multinationale Cargill, basée dans le Minnesota, spécialisée dans le soja.
Implications générales et conflit entre projets
Ce nouveau choc entre le mouvement indigène et l’agro-industrie, principal intéressé par la privatisation des fleuves de la région, marque le conflit entre deux projets pour le Brésil. Celui de la souveraineté nationale et territoriale menacée par l’offensive impérialiste en Amérique latine. Ou le choix du gouvernement de renforcer le modèle agro-exportateur qui, sans parler du viol des droits des peuples autochtones et de leurs territoires, subordonne le pays aux intérêts du capital privé et à son projet « écocide » de destruction accélérée de l’environnement.
L’action de l’impérialisme sous Trump dans cette lutte pour l’ordre mondial implique non seulement la stratégie nationale de sécurité, et sa réhabilitation de la doctrine Monroe, mais aussi la lutte pour le contrôle stratégique des terres rares et des minéraux critiques, comme le révèle le « projet Vault », qui trouve son terrain décisif en Amérique latine.
Tout cela rend fondamentale la lutte du Bas Tapajós, dont la première victoire partielle s’inscrit dans la force de la mobilisation indépendante et combative prolongée du mouvement indigène. C’est un exemple pour le Brésil et le signe des projets en jeu dans la réalité.
Nos tâches
Notre indépendance politique, sans nier la nécessité de l’unité, garantit notre cohérence pour mettre toute notre force au service du soutien à la lutte des peuples autochtones. C’est une lutte emblématique du contexte politique actuel, où le prétendu pragmatisme du gouvernement est en fait le choix d’un camp : celui de l’agro-industrie, des puissants, de ceux qui continuent à dévaster l’environnement.
La victoire de la lutte des indigènes sera un frein à la dévastation de l’environnement et un signal pour toutes les luttes du pays. La meilleure façon de combattre l’extrême droite est d’être cohérent avec les drapeaux de la lutte.
Nous devons entourer cette lutte de solidarité !