Battre le néofascisme au second tour ! Se mobiliser et voter Lula 13 !
Nous serons en première ligne contre l’extrême droite, alliée de Trump. C’est là le combat des prochains jours : miser sur le débat stratégique et la lutte des idées pour réorganiser les forces militantes en vue de ce qui nous attend. L’avenir se joue maintenant.
La victoire de Lula au second tour est possible : il nous reste moins de 20 jours pour gagner les voix qui manquent. Mais c’est aussi vrai que les résultats du premier tour montrent une victoire importante de l’extrême droite dans tout le pays. La bataille du second tour s’annonce donc extrêmement rude. Flávio part avec une longueur d’avance. Tout en menant une première analyse des résultats électoraux, nous ne perdons pas de temps et nous nous sommes déjà retroussé les manches pour organiser et mobiliser l’ensemble du mouvement militant en vue de cette bataille. Des réunions, des assemblées plénières, des marches et d’autres activités de mobilisation sont déjà en cours de préparation pour cette semaine.
Le PSOL a obtenu un score historique, renforçant en nombre et en qualité ses groupes parlementaires. Nos candidat·es sont parmi celles et ceux qui ont obtenu les meilleurs scores dans plusieurs États, et figurent même parmi les cinq parlementaires les plus voté·es du pays. Malgré cela, les mécanismes antidémocratiques de l’actuel régime politique répressif, qui ont contribué à donner des ailes au bolsonarisme, menacent d’être utilisés contre le PSOL. Cette « clause de barrière » a été créée avant tout pour empêcher la gauche anticapitaliste de se développer et, s’il n’y avait pas eu de fraude dans l’utilisation des quotas de femmes par le PSD dans l’Espírito Santo, ni de mesures antidémocratiques contre le PSOL dans le Sergipe, le parti aurait conquis le neuvième État qui lui manquait pour surmonter ces restrictions.
C’est là le seul bémol dans le résultat du PSOL. Une difficulté qui frôle l’absurde, puisqu’il est évident que le PSOL est un parti nécessaire au peuple. La restriction imposée par des mesures telles que la clause de barrière constitue une attaque qui ne peut être défendue que par les ennemi·es de la démocratie, et ce sujet fait désormais l’objet d’une lutte politique et juridique.
Au cours des prochaines semaines, nos instances se réuniront pour dresser un bilan plus approfondi du processus politique que nous traversons, des premiers enseignements tirés du processus électoral et de la dynamique d’ensemble. Nous souhaitons ici continuer à orienter les militant·es du MES et du PSOL vers une lutte sans relâche pour renverser le résultat de l’élection, réélire Lula et empêcher l’arrivée du néofascisme au gouvernement. C’est l’heure de la lutte, c’est l’heure de la guerre politique.
Une victoire de l’extrême droite le 4 octobre
Flávio Bolsonaro et l’extrême droite sont sortis largement victorieux du premier tour. Le conglomérat d’extrême droite qui rassemble le clan Bolsonaro et le courant lié à Tarcísio Freitas a remporté une victoire écrasante. Flávio, contre toute attente, a obtenu 47 % des suffrages valides, contre 45 % pour Lula, soit un écart d’un peu plus de deux millions de voix. Les élections aux gouvernements des États et au Sénat ont confirmé cette immense victoire. Presque tous les États importants ont été décidés dès le premier tour, le PL ayant élu 7 gouverneur·es et les partisan·es de Flávio ayant été élu·es dans les États suivants : RS (Zucco), SC (Jorginho), PR (Moro), MS (Riedel), MT (Pivetta), SP (Tarcísio), MG (Cleitinho), PA (Dr Daniel), RR (Arthur), RO (Marcos). Il convient de souligner les victoires de Tarcísio et Cleitinho, ainsi que l’arrivée surprise de Ruas à Rio, qui pourrait être proclamé vainqueur si les voix de Garotinho étaient annulées. Le PL a remporté 19 des 54 sièges en jeu au Sénat, devenant ainsi le groupe le plus important de cette chambre. Il a également établi un record historique au Congrès, avec le plus grand groupe parlementaire jamais élu à la Chambre fédérale, comptant 121 député·es. Des chiffres impressionnants, dignes d’un véritable « triomphe écrasant ».
Le premier bilan électoral indique une évolution défavorable du rapport de forces.
Flávio et l’extrême droite ont remporté une victoire « à la colombienne ». Autrement dit, ils ont dépassé de plusieurs points les sondages publiés, ont su finir fort et ont imposé un nouveau rapport de forces. Ils ont infligé une défaite multiple au camp politique qui s’est constitué autour de Lula, contrastant avec les analyses peu réalistes des dirigeant·es du PT qui étaient allé·es jusqu’à espérer une victoire dès le premier tour.
La campagne se déroulait dans un climat « calme » jusqu’à l’explosion de la crise au STF, qui a affaibli le gouvernement, renforçant encore davantage les accusations portées contre le régime, auparavant concentrées sur le scandale de l’INSS/Lulinha. La mise au jour des agissements de Moraes et du STF en neutralisant l’atout « Vorcaro », penchant directement contre la « Nouvelle République », a permis à Flávio Bolsonaro de sortir de la défensive où il était acculé après les premières révélations de l’affaire Dark Horse. Dans la dernière ligne droite, un ensemble de mesures politiques a été mis en place : augmentation du programme Bolsa Família, interdiction des paris en ligne, nouvelles mesures contre l’endettement des familles, alliance avec la CNBB et le blocage du débat au STF. À cela s’est ajoutée une mobilisation accrue des militant·es et de fortes manifestations de rue organisées par la campagne et par Lula lui-même, ce qui a eu pour effet d’accroître la présence des électeur·rices et des sympathisant·es dans les rues. Contrairement à d’autres occasions, le bolsonarisme s’est montré plus discret et a misé sur une majorité silencieuse, remportant une solide majorité électorale grâce à la conquête de secteurs du Centrão et de partis physiologiques. La présence de candidatures de droite n’a pas réussi à freiner l’élan de Flávio ; après la crise au STF, Cury s’est effondré et même la résilience de Renan a atteint un plafond d’environ 2 %.
Le PT a conservé son hégémonie dans le Nord-Est, bien qu’à un degré moindre que lors d’autres élections, en remportant les trois États où il gouverne : le Piauí, le Ceará et la Bahia. Dans l’État de Rio Grande do Norte (RN), où il gouverne également, le candidat du PT, Cadu, a réalisé une bonne performance dans la dernière ligne droite, et a des chances pour le second tour. En Amapá et au Pará, les candidat·es du gouvernement ont été battu·es.
Lula n’a pas réussi, avec ses mesures timides, à inverser la tendance de désapprobation à l’égard de son gouvernement. Les médias, d’autant plus après la crise du débat sur TV Globo, même ceux majoritairement non bolsonaristes, comme Globo, Folha et Estadão, ont adopté une ligne consistant à faire pression sur le gouvernement, relayant les critiques pour défendre un ajustement plus sévère et placer un futur gouvernement sous tutelle.
Pour comprendre ce résultat, il faut saisir comment l’usure de Lula a alimenté une extrême droite résiliente, même si elle est parfois sur la défensive – il ne faut pas oublier que Jair est en prison, que Flávio n’a pas réussi à unifier la bourgeoisie et ses partis. La défaite de Lula et de son camp découle de facteurs généraux et particuliers. En ce qui concerne les enjeux généraux, on peut parler d’un triple épuisement : (I) celui du régime de la Nouvelle République, comme l’a bien écrit il y a quelques semaines dans le quotidien Folha de São Paulo l’intellectuelle libérale Maria Hermínia Tavares, qui culmine avec la crise grotesque du STF ; (II) celle de Lula lui-même (et par ricochet de son parti) en tant qu’expression politique, une sorte de « fatigue du matériel » ; (III) la stratégie adoptée par le PT depuis la Nouvelle République, consistant en une résolution « institutionnelle » des conflits de classe.
Les derniers piliers de la Nouvelle République ont été ébranlés : le STF, qui avait joué un rôle progressiste face au coup d’État du 8 janvier et aux ingérences de Trump et d’un « Centrão » qui s’était renforcé grâce aux amendements, mais qui, face à l’usure, a essuyé un vote de sanction et a été capturé par l’extrême droite, un phénomène similaire à celui qu’a connu le PSDB à São Paulo il y a quelques années, avec Tarcísio.
Lula, le plus grand homme d’État de l’histoire du Brésil, homme qui incarne à lui seul l’histoire politique récente, ébranlé par le manque de perspectives, ne parvient pas à reprendre l’initiative pour développer un mouvement suffisamment fort pour freiner la montée de l’extrême droite.
Enfin, la stratégie de conciliation entre les classes a créé une dépendance vis-à-vis d’un STF corrompu, du Centrão, ainsi que vis-à-vis de la politique d’austérité du gouvernement, menée par Galípolo, incapable de répondre aux revendications populaires. En d’autres termes, la majeure partie des suffrages populaires en faveur de Flávio et de ses partisan·es, les tenant·es de l’anti-PT, résulte d’un rejet du gouvernement, en raison de son incapacité à répondre à la détérioration des conditions de vie du peuple ; ainsi que d’un rejet de l’ensemble du régime, perçu comme corrompu, que Flávio attise par son discours hypocrite contre le « système ». Lula gouverne dans les limites de ses alliances et suscite un rejet populaire qui, à son tour, alimente l’opposition d’extrême droite et la tutelle exercée par le Centrão et une partie de la bourgeoisie sur le gouvernement, dans un cercle vicieux qui se répète comme une tragédie.
Flávio s’est imposé comme candidat directement désigné par le clan Bolsonaro, en battant Tarcísio et en rassemblant l’alliance sociale qui avait porté son père au pouvoir en 2018 : depuis une partie de la bourgeoisie et du monde de la finance, les puissants bataillons de l’agroalimentaire, les grandes entreprises de l’extraction et de l’exploitation minière, les entreprises de technologie, une partie des forces de répression militaires et civiles, les secteurs conservateurs comme Moro et compagnie, et une large présence des secteurs évangéliques.
La présence des entreprises technologiques est un élément constitutif de la politique actuelle. Meta, Starlink et d’autres « big techs » agissent et ont agi pour faire échouer Lula et faire élire Flávio. Peter Thiel suit l’actualité brésilienne depuis Buenos Aires et s’est rendu à São Paulo il y a quelques mois. Il s’agit d’une action organisée qui sous-tend un « parti d’un nouveau genre », l’idée d’un « parti numérique bolsonariste », comme l’ont défini des chercheur·es du Cebrap.
Trump s’est mobilisé et la lutte au Brésil fait partie de la lutte mondiale. La fermeture de l’ambassade et des consulats US a été l’une des mesures prises, mais la vérité est que depuis un an, Trump agit résolument pour écarter Lula du pouvoir lors des élections ; il utilise Milei, mais dispose d’autres moyens, comme le financement de la société BlackBridge, une sorte de « think tank » milliardaire, de « combat ». La pression sur Moraes et le Pix, Trump et le sionisme : c’est une course contre la montre. La « conquête de Brasília » est essentielle au projet, face au scénario incertain des prochaines élections américaines et face à l’usure des gouvernements d’extrême droite dans la région. Cela aurait un effet domino : le Chili, le Venezuela, le Pérou, la Colombie et désormais le Brésil.
Il faut comprendre que le processus est plus profond, car Flávio et l’extrême droite ont une stratégie plus globale, qui ne se limite pas à accéder au pouvoir, mais qui consiste en une stratégie de « révolution » qui est en réalité une contre-révolution.
Élire les sénateur·rices et encercler le STF, en concentrant le pouvoir entre les mains du clan, amnistier Jair et mettre en œuvre des mesures autoritaires, afin de construire un pays selon leur stratégie et leur programme, pour le livrer à Trump comme une colonie : tel est le plan d’action de ce nouveau gouvernement.
Nunes Marques a déjà mis à l’ordre du jour l’amnistie de Bolsonaro, sans compter les signaux envoyés au marché, avec l’euphorie qui règne sur les places boursières et dans le monde de la finance face aux résultats de dimanche dernier.
Les éléments spécifiques qui expliquent ce processus tiennent à de graves erreurs d’orientation politique de la part du PT, ainsi qu’à une vision erronée quant à la possibilité d’une victoire au premier tour, à la stratégie du « front élargi » autour de candidat·es faibles qui a conduit à des désastres, notamment dans les États de Rio Grande do Sul et de São Paulo, sans oublier le retard pris dans la désignation du candidat dans l’État de Minas Gerais, entre autres.
Cependant, selon nous, il existe une polarisation, d’autant plus que la gauche figure parmi les plus votées au niveau national et dans les États : une bataille qui revêt des aspects générationnels – Nikolas Pavanato face à Érika Hilton et Sâmia Bomfim, le cas de la jeune Ana Elise, originaire de Minas Gerais, qui a battu tous les records de voix pour le PT, Fábio Félix, le plus voté dans le Territoire de la capitale fédérale (DF) : autant d’exemples idéologiques qui s’opposent au vote conservateur des « redpills ».
Il y a une énergie vivante, bien que bridée par l’angoisse et la désorientation des directions majoritaires du mouvement de masse, et qui est présente, par exemple, dans les capitales où Lula a remporté la victoire : São Paulo et Porto Alegre. Lors des rassemblements de la dernière ligne droite de la campagne et dans la prise de conscience de la dimension néofasciste de ce que serait un nouveau gouvernement du « Clan Bolsonaro », ainsi que d’une certaine prise de conscience du rôle limité de la stratégie luliste.
Le PSOL et la lutte contre la clause de barrière
Le PSOL doit lutter contre la clause de barrière. C’est là la contradiction du résultat électoral : alors qu’il vient de sortir vainqueur des urnes avec des élu·es, exprimant ainsi l’aspiration de secteurs des masses à un renouveau et à une radicalité politique, il se trouve confronté à un scénario où des mesures restrictives pesant sur le fonctionnement du parti pourraient être appliquées, entraînant la perte d’une série de droits en raison du non-dépassement du seuil électoral. Dans l’éditorial de la semaine dernière, nous avions souligné que ce défi était tout aussi important que la lutte pour faire élire Lula et nos candidat·es.
La deuxième tâche, non moins importante, consiste à convaincre les électeur·rices de voter pour les candidat·es du PSOL aux postes de député·es et de sénateur·rices. Le PSOL doit franchir le seuil électoral, l’un des nombreux mécanismes antidémocratiques du régime.
Avec l’invalidation de la liste de la fédération PSOL/Rede dans l’État de Sergipe en raison d’un casuisme juridique, la difficulté résidait dans le fait que l’hypothèse d’un neuvième État se concentrait sur trois ou quatre options, parmi lesquelles Santa Catarina était considérée par la direction du PSOL comme la plus probable. Ce résultat défavorable nous a contraint·es à compter sur l’Espírito Santo, où le premier dépouillement nous a écarté·es de la course à seulement 185 voix près. Ce qui reste encore en jeu, c’est la découverte de plusieurs fraudes concernant le quota de genre au sein de partis physiologiques de l’État, ce qui conduirait à un recomptage qui replacerait le PSOL avec 1,50 % des voix à la Chambre dans l’État de l’Espírito Santo. Une action similaire avait déjà été jugée favorablement, il y a plusieurs années, accordant au PSOL un mandat supplémentaire à l’Assemblée de Belém, grâce au recomptage intervenu après l’annulation de la liste qui enfreignait le quota obligatoire de femmes.
Nous nous battons de toutes nos forces pour empêcher que cette mesure draconienne ne soit prise à l’encontre du PSOL, qui incarne un projet d’avenir opposé au néofascisme et bénéficie de la solidarité et du soutien de millions de Brésilien·nes.
Notre parti s’est développé sur le plan parlementaire : la fédération formée avec le parti Rede a élu 15 député·es fédéraux·ales, pour la première fois dans quatre des cinq régions du pays, et nous avons dépassé la fédération du PT dans l’État de São Paulo, berceau du lulisme et principal pôle économique du pays. Il s’est développé avec un profil féministe et antiraciste, en tant qu’alternative cohérente et combative, en affrontant les réactionnaires et en misant sur la lutte collective. Il a également progressé au sein des assemblées législatives, en renforçant ses groupes parlementaires dans plusieurs États.
Face à une telle contradiction, nous appelons à une grande campagne auprès de la société brésilienne, compte tenu des preuves de fraude dans l’Espírito Santo, afin que le PSOL puisse exercer pleinement ses droits, en conservant son temps d’antenne à la télévision et à la radio, ainsi que pour agir en toute légitimité au sein du Congrès national. Renforçons et affirmons le PSOL comme un parti nécessaire, au service des grandes causes de la lutte du peuple brésilien.
La lutte d’aujourd’hui définit l’avenir – notre rôle comme MES/PSOL
Dès à présent, nous appelons l’ensemble des militant·es et des sympathisant·es à s’engager encore davantage dans la campagne du second tour. Nous devons amplifier et développer l’énergie sociale pour créer un mouvement collectif permanent qui se batte pour les voix qui séparent Lula de Flávio, en nous appuyant sur la conscience du peuple travailleur. L’implication des universités et la convocation de vastes assemblées plénières sont des exemples à suivre.
Notre discours est simple et doit s’adresser aux quartiers périphériques et à celles et ceux qui n’ont voté ni pour Lula ni pour Flávio, voire à celles et ceux qui n’ont tout simplement pas voté : c’est tout ou rien, c’est oui ou non, pour mettre fin à l’échelle de travail 6×1, pour la vie des femmes, pour que le Brésil ne devienne pas un protectorat de Trump, pour que l’économie brésilienne ne s’effondre pas et que nous ne retournions pas à la misère, contre celles et ceux qui veulent réduire ou supprimer le programme Bolsa Família, contre celles et ceux qui veulent fermer les syndicats et encercler les universités. Comment toucher le cœur et l’esprit des millions de Brésilien·nes endetté·es, otages des taux d’intérêt élevés et du capital financier, tout en débattant avec la jeunesse du problème de l’éducation, des libertés démocratiques et de l’urgence climatique.
Et nous lançons cet appel la tête haute et fier·ères des résultats du MES. Notre organisation s’est développée parce qu’elle a misé sur une radicalité inclusive. Nous avons élu trois député·es fédéraux·ales : Sâmia, Fábio et Fernanda. Sâmia a été un véritable phénomène, se classant parmi les cinq député·es les plus voté·es du Brésil, avec près de 600 000 voix. Fernanda Melchionna a augmenté son score électoral et figure parmi les candidates les plus votées du Rio Grande do Sul, avec 276 000 voix, malgré la vague électorale d’extrême droite qui a balayé l’État. Fábio Felix a été le plus voté de tout le District de la Capitale fédérale (DF) et, proportionnellement, l’un des plus plébiscités du pays.
Nous avons réélu trois députées régionales : Luciana Genro et Camila Valadão, qui comptent parmi les plus plébiscitées du Rio Grande do Sul et de l’Espírito Santo. Monica et les « Pretas » ont dépassé tous leurs scores précédents, frôlant les 200 000 voix.
Nous avons connu quelques revers, comme dans le cas de Josemar, député combatif de Rio, qui n’a pas été réélu, bien qu’il ait progressé et franchi la barre des 40 000 voix. Il a manqué quelques voix au PSOL pour décrocher un deuxième siège dans le Rio Grande do Sul, où Roberto Robaina a été le deuxième candidat le plus voté du parti.
Nous avons élu deux nouvelles députées : Mariana Conti, avec plus de 124 000 voix, reconnue internationalement pour son rôle au sein de la Flottille, qui vient renforcer le groupe parlementaire collectif du MES à São Paulo ; et Keka Bagno, première femme noire de gauche à occuper un siège à l’Assemblée du District fédéral, une dirigeante du MES et du PSOL.
Même si elles n’ont pas été élues, Vivi et la professeure Ângela ont obtenu des scores importants dans les États du Pará et du Paraná, s’imposant comme des figures de proue du Parti. Et nous sommes fier·ères des dizaines de camarades qui se sont présenté·es aux élections législatives et sénatoriales sous la bannière du MES et du PSOL, ainsi que des camarades que nous avons soutenu·es et pour lesquel·les nous avons joué un rôle actif dans les campagnes.
La polarisation va se poursuivre et s’intensifier, comme c’est le cas partout dans le monde. Trump pourrait perdre les prochaines élections législatives aux États-Unis ; de nouvelles mobilisations de la jeunesse secouent l’Espagne et la France ; les extrêmes gagnent du terrain, les néofascistes retrouvent un poids de masse en Allemagne avec l’AfD, tandis que Berlin répond par la victoire de Die Linke. Aux États-Unis, le DSA s’oppose à Trump et se développe en tant que force politique de masse. Au Pérou de Keiko Fujimori, la dirigeante de gauche Veronika Mendonza vient d’être élue gouverneure de Cusco. Et ici, au Brésil, l’espoir placé dans le PSOL exprime cette volonté d’une gauche anticapitaliste renouvelée.
Nous allons nous battre en première ligne contre le néofasciste Flávio Bolsonaro, un acolyte de Trump. Tel est l’enjeu des prochains jours : miser sur le débat stratégique, sur la lutte des idées et sur la réorganisation des forces militantes en vue de ce qui nous attend. L’avenir se joue maintenant.